LES AUTOBUS DE TOULON 1930 - 1965

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 LES AUTOBUS BERLIET PCK 7D et PCK8 W 

Gabriel Bonnafoux écrit dans son livre que 5 Berliet PCK7D  ont été achetés  neufs en 1947 ( à partir de 1946 en réalité) par la Régie Municipale des Tramways Toulonnais (RMTT) appelée aussi TT en version abrégéé ( Tramways Toulonnais) ce qui explique la présence du monogramme représentant 2 lettres T entrelacées sur les véhicules. Ils étaient numérotés de 6 à 10. La mise en service a démarré sur la ligne N° 3 du Mourillon, rebaptisée provisoirement ligne N°10 en 1945, pour remplacer les tramways complètement démolis par la guerre. Par la suite, dans les années 50-60, ces autobus ont desservi principalement les lignes suivantes : 11 Blache- Monserrat; 14 Blache - Les Ameniers

Quatre ou cinq PCK ? En réalité, on a un un petit problème avec le décompte de Gabriel Bonnafoux. Il évoque le nombre de 5 véhicules numérotés de 6 à 10 et nous n'en avons que 4 dans les inventaires. Autre incohérence ; Gabriel Bonnafoux écrit que 6 autobus Panhard Zuvic IE 21 (= K 161) furent acquis neufs par la RMTT en 1946-1947. Ils étaient numérotés de 10 à 15; effectivement un des Panhard porte bien le N°10 et c'est lui qui a été photographié par Jean Capolini en août 1956 or 2 bus ne peuvent pas avoir  le même numéro de parc, c'est théoriquement impossible (quoique à la RMTT, on voit parfois des choses étranges). Conclusion : Gabriel Bonnafoux s'est trompé dans les numéros de parc, c'est absolument certain. Les cinq autobus Berliet PCK porteraient en fait les N° 6, 7, 8, 9 et le N° 16 (le 10 étant un Panhard)

Nous avons la chance de posséder (grâce à l'ASBTP) des inventaires du parc RMTT datés de 1955 et 1961. Celui du 18 janvier 1955 indique la présence de 2 Berliet PCK de septembre 1946, 1 de mars 1947 et 1 de février 1948 soit un total de 4 véhicules. L'inventaire du 1er avril 1961 est plus précis car il nous donne les numéros de parc; Il nous donne 4 Berliet PCK numérotés 6, 7, 8 et 16 et ils sont qualifiés de véhicules de secours. En clair, ils sont là juste pour dépanner en cas de besoin mais ne sont plus en service régulier compte tenu de leur grand âge (entre 13 et 15 ans). Il en était d'ailleurs de même pour le Panhard K 161 N° 15. En 1962, le PCK N° 7 est encore garé au dépôt de Brunet avec la mention "pré-réforme" sur l'état du parc. Mais où est passé le numéro 9 ? Le Panhard N°15 est daté de 1947, le PCK acheté en 1948  viendrait donc logiquement à sa suite et porterait le N° 16 et ce serait déjà un PCK 8 (avec châssis long).

Alors où est passé le 5ème véhicule mentionné par G. Bonnafoux ? Et pourquoi le N°16 n'est-il pas cité ? Albert Clavel qui avait remarqué ce "mystère" avait interrogé monsieur Lièvre, ancien chef d'atelier du dépôt alors qu'il était en retraite. D'après lui, il y aurait eu un PCK 8 N° 16 détruit lors d'un accident en service de nuit à la fin des années 50. Toujours est-il que le N° 16 est cité en 1961 donc il n'a pas été détruit; donc c'est peut-être le 9 qui manquait à l'appel. Personne n'en sait rien en fait. Les véhicules étaient tous montés sur des châssis courts (voir diagramme ci-dessous) mais l'un d'entre eux l'aurait été sur un châssis long (déjà un PCK 8 sans doute, celui de 1948, le N° 16 ?)

Souvenirs : Je me souviens étant gamin, être monté bien des fois dans le Berliet qui desservait la ligne N° 14 Blache -Les Ameniers, partant de la ville avec ma mère, nous descendions à l'arrêt de la Serinette. Cet autobus à bout de souffle, était incroyablement poussif et bruyant, il crachait des volutes de fumée noire derrière lui tel un volcan en éruption, lorsqu'il montait péniblement le long du trajet en légère pente menant de la rue François Nardi à la place de la Serinette.

Le mystère des autobus toulonnais :

On a déjà connu un sérieux problème d'identification pour le Chausson APH 47, nous en avons un autre ici avec ce type d'autobus que Gabriel Bonnafoux nomme PCK7 D et qui ressemble plus à un PCK8 W du fait de son capot proéminent. C'est l'ami Jean Capolini qui m'a signalé ce "détail". En résumé, Gabriel Bonnafoux nous indique que les 5 autobus ont été achetés en 1947, le modèle PCK7 D a en effet été produit entre octobre 1945 et mai 1948 ce qui prouve que les 5 autobus Berliet en question ne pouvaient être que des PCK7 D. E. En effet le modèle PCK8 W est sorti bien plus tard entre octobre 1949 et janvier 1951. La question du modèle d'origine semble résolue.

Que nous montrent les photos ci-dessous réalisées en 1956 par Jean Capolini ? Un autobus muni d'un capot proéminent exactement semblable à celui du PCK8 W. L'explication de la nécessité de rallonger le capot est simple : le PCK7 D était équipé du moteur diesel MDB à 4 cylindres, en 1949 Berliet adopte un nouveau moteur à 5 cylindres donc plus long, le MDU diesel de 7,9 litres licence Ricardo Comet III. Le montage du MDU entraîne une modification de la face avant de l'autocar, le radiateur étant avancé d'une dizaine de cms. La calandre plane est donc remplacée par un modèle formant coffre permettant d'identifier sans équivoque les modèles équipés du moteur à 5 cylindres. En outre, le PCK8 W reçoit des grilles d'aération de part et d'autre de la calandre.

D'après Jean-Marc Audirac, le PCK7  avec 3 grandes baies hautes N° 8 est la version bus standard sur ce modèle (Lyon, Marseille, Alger, Reims,, Le Hâvre,...) en configuration 4-4-0. Le modèle avec les petite baies, basses, et 2 portes N° 7 est la version autocar. La RMTT a juste ajouté un porte pliante à la place de la battante d' origine à l'arrière. Celle de l'avant était déjà pliante d' origine et la galerie carénée a été conservée. Pour la girouette avan, soit elle y était d'usine soit rajoutée par la RMTT.

Le W final dans l'appellation du modèle PCK8 W indique que le véhicule est équipé de freins pneumatiques Westinghouse d'origine américaine.

Conclusion : Il est donc probable que les PCK7 D ont été jugés trop poussifs et que leurs moteurs 4 cylindres MDB de 7,5 litres et 85 Ch d'origine ont été remplacés par les soins de la RMTT, par un moteur MDU ou MDX de 5 cylindres avec 6,3 litres et 105 Ch d'où la nécessité de rajouter un capot proéminent. Les mécanos de l'atelier de Brunet nous ont déjà habitués à leurs prouesses techniques. Par contre il n' a pas été rajouté les ouïes d'aérations propres aux vrais PCK8 W. En 1956, les autobus vus sur les photos ont déjà 9 ans de service mais sont un état de carrosserie impeccable.

La ligne N° 11 place Noël Blache-Monserrat par Valbertrand, a été mise en exploitation le 18 octobre 1945. Remarquer : côté conducteur, le demi pare-brise ouvrant pour aérer le poste de conduite, le hublot ovale sur le côté droit de la porte avant permettant un peu de visibilité vers le trottoir et sur le côté droit de la route. La galerie à bagages semble bien inutile pour un autobus urbain. Les portes sont du type 4-4 : portes pliantes doubles à 2 vantaux, contrairement au N° 7 qui est en 2-2.

Ses portes sont du type 2-2 ( simples à 2 vantaux) Le capot proéminent du bus N° 7 indique là aussi à coup sûr la présence du moteur 5 cylindres MDU mais là aussi pas d'ouïes d'aération. C'est donc un "faux" PCK8 W. On remarque qu'il n'est pas équipé de hublot pour l'approche des trottoirs contrairement au N° 8. Derrière le Berliet PCK, on aperçoit la calandre caractéristique de l'autobus Chausson de type APH -47 dit "Nez de cochon" à cause de son capot moteur proéminent. Il porte le N° de parc 3 et desservait la ligne 11. De tels autocars équipèrent également la compagnie des cars Étoile.

Doc. Charge Utile Magazine hors série N° 1 Berliet 1945 -1950 - Châssis du PCK 7 D.   Cliquer pour agrandir

 

Caractéristiques du Berliet PCK 7D

 

Constructeur Berliet 1946/1947
N ° sur le réseau de 6 à 10 mais Jean Capolini en août 1956, note avoir vu un N°16 (sans galerie) et il est inscrit à l'inventaire de 1961.
Places assises 15
Places debout 42
Nombre de places total 57
Accès selon les véhicules , configuration 4-4 ou 2-2  - 2 portes pliantes soit à 4 vantaux, soit à 2 vantaux; une à l'avant droit, l'autre à l'arrière droit.
Circulation des voyageurs de l'arrière vers l'avant avec receveur à poste fixe assis à l'entrée du couloir de circulation
Châssis Berliet
Longueur 9,35 m
Hauteur 2,82 m
Empattement 5,00 m
Poids à vide 7,17 t
P.T.C 11, 00 t
Moteur MDB 3R Berliet Diesel 4 cylindres en ligne 120 X 160 - cylindrée 7,2 litres Ricardo Comet II
Puissance 85 Cv à 1650 tours / mn -19 Cv fiscaux
Embrayage Ferodo LA50 B Monodisque à sec
Vitesse maxi 63,6 km/ h avec couple 1 à 5,42
Couleur caisse Beige RMTT (ocre jaune clair)
Couleur toiture Blanc ivoire

 

Caractéristiques des Berliet PCK8 W et PCK8 R

 

L'autocar PCK devent PCK8 W en adoptant en octobre 1949 le nouveau moteur MDU diesel à 5 cylindres 120 x 140 sous licence Ricardo Comet III, de 7,9 litres de cylindrée pour une puissance de 120 Ch à 2000 tours /mn soit 21 chevaux fiscaux. Il y aura 2 séries de produites entre octobre 1949 et novembre 1950 pour un total de 339 véhicules. L'embrayage est un Ferodo monodisque à sec. La boîte de vitesse est à 4 rapports plus la marche arrière. Le freinage est à air comprimé sur les 4 roues fourni par Westinghouse d'où la lettre W dans la dénomination du modèle. La vitesse maximale est de 60 km/ h.

Le PCK8 R apparaît en octobre 1950, il a très peu de différences avec le PCK8 W si ce n'est sa boîte à 5 vitesses. Sa production s'arrêtera en janvier 1952. D'une conception déjà totalement dépassée, Il devra en effet affronter la redoutable concurrence de nouveaux autocars de conception très moderne, le Chausson AP 50 et le Renault R 4190 qui domineront le marché du début des années 50.

Historique et technique

C'est en 1939 qu'apparaît l'autocar Berliet PCK. il s'agit du premier modèle de la marque doté d'un poste de conduite avancé sur toute la largeur. Le PCK se pose comme concurrent direct des Renault ZP et AEMD. Sa conception est très classique mais son châssis fortement surbaissé est spécifique. Le modèle connaîtra une belle carrière commerciale et disparaîtra seulement en 1951. Le type PCK7 D est la version diesel de la gamme. La capacité des autocars varie entre 33 et 57 places. Après la guerre, en 1945, le type évolue, seule la version diesel subsiste; les roues à disques sont remplacées par des roues artillerie en acier coulé. - Il est équipé de roues jumelées à l'arrière, les pneumatiques sont des 250 x 20.

Quelques photos de véhicules de la même gamme autres que ceux de Toulon

 

Photo parue dans Charge Utile - Ci-dessus Photo François Coeffier : Dans son jus, un PCK 8 R de septembre 1951 proche du type PCK 7 - Noter les ouïes d'aération sur les côtés qui distinguent ce type du PCK 7. Il était utilisé pour le transport du personnel de l'usine  Dunlop de Montluçon (Allier) -Il est animé par un moteur diesel MDU à 5 cylindres et d'une boîte de  vitesse à 5 rapports.

Photo parue dans Charge Utile - Ci-dessus un PCK7 W qui desservait la ligne Mauriac- Clermont-Ferrand; il appartenait à M. Louis Combe, transporteur à Mauriac ( Cantal). Il fait partie aujourd'hui de la collection des Autocars Faure frères. Remarquer la face plane de la calandre.

 

© Collection ASPTUIT - Vues avant et arrière et  vue latérale d'un PCK7 D de la SCRT (Réseau de Toulouse) Ces photos sont publiées avec l'aimable autorisation de l'Association pour la Sauvegarde du Patrimoine des Transports Urbains & Interurbains Toulousains :l'ASPTUIT, un grand merci à Messieurs Jérôme Bonato (trésorier) et Michaël Dietrich (Secrétaire et webmaster du site (et photographe de grand talent de surcroît)

 

PCK7 D de 1947 en couleurs vu sur le site allemand de Konrad Auwaerter : il appartient à la superbe collection de M. Faure, un autocariste ardéchois situé à Vallon Pont d' Arc. Voir le site de la société Konrad Auwaerter : http://www.konrad-auwaerter.de/auwaerter_2010/000_nav_links_frameset/index.html

Note 1 : dans la version précédente, j'avais indiqué que le PCK7 D N°7 n'avait pas de galerie de toit, merci à Jean-Marc Audirac qui m'a fait remarquer cette petite erreur.

Sources : "1880  -1980: Un siècle de transports en commun dans l'agglomération toulonnaise" par Gabriel Bonnafoux et Albert Clavel - Charge Utile Magazine hors-série spécial N° 1: "Berliet 1945-1950 , Les artisans de la renommée" par Jean-François Colombet - septembre 1995 - Berliet, 1905-1978 par Christophe Puvilland aux éditions Histoire & Collections. Jérôme Bonato et le site Internet de Midi Mobilités du réseau de l'agglomération toulousaine : http://www.midimobilites.fr/tisseo/le-reseau-urbain/historique/  - Albert Clavel (correspondance personnelle) - Jean-Marc Audirac

Photos : La collection de photos et les notes du voyage à Toulon de Jean Capolini en 1956 - Article d'Albert Clavel : Charge Utile Magazine numéro de juillet-août 2016 - Diagramme du châssis Berliet PCK 7 D dans Charge Utile Magazine hors série N° 1 : Berliet 1945 -1950 (septembre 1995).

Ne manquez pas de découvrir les magnifiques et très rares photos de véhicules anciens de Jean Capolini sur le site Flickr : https://www.flickr.com/photos/151983085@N05/albums et de Jean-Henri Manara : https://www.flickr.com/photos/jhm0284/albums - Le site de l'ASBTP ; https://asbtp83asso.jimdo.com/ et sa page Facebook : https://www.facebook.com/asbtp83/ 

 © Roland Le Corff - Page créée le 01/01/2005 - Version du 31/08/2018